Actualités sur le gaz et de l'huile de schiste : prospection, exploitation, extraction par fracturation hydraulique...

Pourquoi la Chine peine à exploiter son immense quantité de gaz de schiste

Gaz de schiste  Chine

Bénéficiant des réserves en gaz de schiste comptant parmi les plus importantes au monde, la Chine patine sur l'exploitation de son gigantesque potentiel. Plusieurs raisons principales expliquent ces difficultés.    

Comptant plus de 31 500 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, la Chine est assis sur un véritable trésor énergétique. Un trésor d'autant plus précieux car d'un côté l'économie nationale ralentit et de l'autre la demande mondiale en gaz est appelée à croître régulièrement d'ici les vingt prochaines années. Une aubaine pour le pays qui pourrait alors tabler sur un relais de croissance particulièrement bienvenu car avec une telle énergie abondante les effets positifs ne manqueraient pas : recettes commerciales en hausse avec une revente sur les marchés internationaux du précieux gaz et soutien important à l'économie domestique via une énergie abondante et bon marché. Sauf que les prévisions d'extraction de gaz de schiste ont du rapidement être revues à une franche baisse. Tandis que Pékin planchait sur une production de l'ordre de 60 milliards de mètres cubes en 2020, les estimations sont dorénavant ramenées à moins de la moitié de ces quantités. Pourquoi ? pour plusieurs raisons majeures tant économiques que structurelles et réglementaires.

De nombreux freins sont à lever

Parmi les effets bloquants à l'exploitation à grande échelle du gaz de schiste chinois on trouve en premier lieu la difficulté d'accès des gisements, ceux-ci étant enfouis à plus de 2 500 mètres de profondeur. Dès lors, les moyens techniques actuels disponibles ne permettent pas une exploitation au plein potentiel ou alors moyennant un coût d'extraction jugé handicapant et qui rendrait le gaz de facto bien trop cher. Deuxième point : l'eau. De gigantesques quantités d'eau potable doivent être utilisées pour mettre en œuvre la technique de la fracturation hydraulique (la seule réellement opérationnelle pour l'exploitation du gaz de schiste); sauf que le précieux liquide se fait rare dans le pays.

Plus encore, les infrastructures actuelles du pays en termes de réseaux de pipelines sont encore bien insuffisantes, ce qui rend là aussi bien complexe le démarrage de l'activité à grande échelle. Mais si la question de l'eau pourrait être traitée via notamment une réutilisation des eaux "usées" et si celle des infrastructures ne dépend que d'un sérieux round d'investissements, celle d'un cadre commercial et législatif clair reste encore très épineuse. Car les grands noms du secteur que sont les BP, Chevron, Total et autre Shell se sont à vrai dire cassé les dents sur un environnement commercial qui ne semble vraiment pas être à leur avantage avec des conditions de contrats particulièrement floues, des tarifs trop encadrés pour des résultats financiers escomptés limités si ne c'est inconnus. Les plus grosses entreprises chinoises se sont en effet gardé les gisements les plus juteux et la répartition des bénéfices sur les gisements restants n'est pas fait pour stimuler l'entrée d'investisseurs étrangers. Au total, ce sont non moins de 14 études de faisabilité qui ont été réalisées par les grandes compagnies mondiales pour autant d'abandons qui s'en sont suivis. Résultat : toutes ces sociétés ont décidé de délaisser le marché chinois à tel point que seul BP est resté mais en limitant sa présence à du consulting.

La Chine se retrouve ainsi avec un trésor inexploitable en l'état à moins que le pays décide de lâcher du lest sur la règlementation et les tarifs afin d'assouplir son cadre pour faire revenir sur ses terres les experts mondiaux du marché.

Réactions et commentaires
Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier !
Déposer un commentaire

Réseaux sociaux

LeGazDeSchiste.fr