La saga de l'usine Arabelle de Belfort, englobant les puissances géopolitiques et le secteur nucléaire, suscite de vives tensions.
Un dossier délicat qui remonte à 2014
Le parcours de l'usine Arabelle est complexe et semé d'embûches. En 2014, General Electric (GE) achète une partie des activités d'Alstom, y compris l'usine de Belfort. Plus tard, en 2018, EDF annonce son intention de racheter l'usine – une annonce faite par le président français lui-même.
Un silence troublant depuis l’annonce
Depuis cette annonce, le silence est total. Le directeur régional d'EDF maintient que la situation est une question d'Etat à Etat, soulignant l'importance des implications politiques de ce rachat.
Des enjeux géopolitiques
Plusieurs problèmes géopolitiques s'entrelacent ici. La Russie, grand client de l'usine par le biais de ROSATOM, est impliquée dans divers projets de construction de réacteurs nucléaires équipés de turbines Arabelle. Par ailleurs, les tensions entre les États-Unis, la France et la Russie ont un impact direct sur l'affaire.
La menace de sanctions contre la Russie
Les sanctions imposées à la Russie en raison du conflit ukrainien pourraient éventuellement toucher le secteur nucléaire et affecter le rachat de l'usine. Si des sanctions devaient être imposées, General Electric pourrait être forcé de ne plus mettre à jour son logiciel breveté américain, utilisé pour la commande des turbines. Ce serait un problème majeur pour EDF.
Les enjeux économiques cachés
Une guerre économique sous-jacente se déroule, avec pour champ de bataille le secteur mondial du nucléaire civil. L'intérêt pour le nucléaire est en plein essor du fait de la transition énergétique et les États-Unis cherchent à obtenir une part de ce marché.
L’usine de Belfort : un levier de pression
L'usine de Belfort représente un moyen pour les États-Unis d'exercer une pression à la fois sur la France et la Russie. Les États-Unis, qui s'approvisionnent actuellement en uranium enrichi auprès de ROSATOM, devraient être autosuffisants dans ce domaine à partir de 2025.
EDF, de son côté, recherche des garanties que d'éventuelles sanctions contre la Russie n'affecteraient pas le logiciel de commande. La conclusion de ce dossier complexe reste donc incertaine.
