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Gaz de schiste au Canada : doutes sur le bien-fondé de la démarche

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En pleine phase de moratoire sur la fracturation hydraulique, le Canada qui possède d'importantes quantités de gaz de schiste est en proie à une querelle d'opinions quant au bien-fondé de la démarche. La question de la rentabilité et de l'impact économique et environnemental de la filière est au centre du débat. Pourtant, l'activité pourrait bien être bénéfique à plus d'un titre.      

Le gaz de schiste sera-t-il un filon suffisamment juteux et rentable pour le pays ? Voilà en substance ce qu'il ressort de la prise de position tant du candidat conservateur Bernard Valcourt que du professeur de géographie et d'environnement Bradley Walters. Un argument qui a du poids car en regardant de plus près la situation dans le pays voisin qu'est les Etats-Unis, la question de la rentabilité des puits de gaz de schiste mérite sérieusement de se pencher sur la question. Selon Bradley Walters «Les avantages sont assez douteux. Il y a d’abord la question des prix. À cause d’une offre surabondante aux États-Unis, les prix sont bas depuis un certain temps. Le potentiel de revenus est assez faible dans ce contexte». Ajoutant même que "Les puits de gaz schiste peuvent être productifs pendant une année ou deux, mais ensuite, ils s’épuisent assez rapidement".

Une question et des doutes qui interviennent alors que le Nouveau-Brunswick, cette province du Canada qui renferme un potentiel de gaz de schiste plus que conséquent, est en plein moratoire sur la question technique du fracking, l'autre nom de la fracturation hydraulique. Une activité qui pourrait toujours selon l'universitaire représenter un risque en termes de développement touristique : «S’il y a des centaines ou des milliers de puits qui sont creusés au Nouveau-Brunswick, cela met à risque l’industrie touristique, qui est au cœur de l’économie de plusieurs régions, comme la côte acadienne."

Un dilemme à résoudre

Ce qu'il se passe au Canada est caractéristique de la filière dans son ensemble : d'un côté elle reste prometteuse en termes d'indépendance énergétique et de revenus issus de la vente du gaz naturel sur le marché mondial - en constante hausse - et de l'autre elle soulève les inquiétudes d'une partie de la population qui y voit un risque important sur l'environnement et l'agriculture.

Pour autant, même si la rentabilité des puits et donc du gaz de schiste est remise en question, il y a fort à parier que la situation ne soit que temporaire surtout au regard d'un marché mondial de plus en plus en demandeur en gaz naturel. Une énergie qui a par ailleurs le vent en poupe dans un contexte où la plupart des grandes nations veulent se débarrasser du charbon et du diesel, tous deux très polluants.

Et quant à la question de l'impact négatif sur l'environnement, toute la faute revient à la fracturation hydraulique. Là encore, gageons que la force de frappe des industriels leur permette de remplacer cette technique par des alternatives, comme celle du fluoropropane, qui permet d'éviter les écueils du fracking : plus de produits chimiques, plus de sables, plus d'eau potable injectée et une récupération à près de 100% du gaz injecté. L'avenir nous dira si le Canada a raison de douter et si les acteurs de la filière sont capables d'améliorer leur process.

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