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Gaz de schiste en Ukraine, quand les conflits s'en mêlent

Gaz de schiste en Ukraine, quand les conflits s'en mêlent

Les conflits entre la Russie et l'Ukraine sont en train de sérieusement remettre en cause l'exploitation du gaz de schiste planifiée par Shell dans le pays. La firme pourrait tout simplement se retirer d'Ukraine et abandonner l'opération. Une grosse épine dans le pied pour le pays qui attend beaucoup de l'exploitation de son gaz de schiste, tant du point de vue des ressources que de son indépendance énergétique.

"Shell n'a pu concrétiser ses engagements à propos du projet Iouzivska depuis longtemps à cause d'un état de force majeure, les circonstances échappant au contrôle de Shell". Avec ce communiqué publié récemment par le porte-parole de la firme internationale, le projet d'exploitation des sous-sols de l'Ukraine semble bien marquer un coup d'arrêt dans un avenir proche.

C'est à l'Est du pays que Shell avait jusqu'à présent très sérieusement envisagé d'exploiter le gaz de schiste ukrainien. Mais la zone étant particulièrement proche de la ligne de conflit avec la Russie, les ambitions et intentions du géant de l'énergie ont du être revues à la baisse. Car sur cette partie du pays s'affrontent les forces ukrainiennes et les rebelles séparatistes prorusses.

Le champ gazier de Iouzivska avait pourtant dès le début de l'année 2013 fait l'objet d'un accord trouvé entre Shell d'un côté et l'Ukraine de l'autre. Un gisement des plus conséquents avait été découvert, représentant la principale source de gaz de schiste du pays. Un an plus tard à peine, la donne avait déjà changé, Shell déclarant qu'un "cas de force majeure" existait autour du projet, pour cause de lutte entre l'Ukraine et la Russie.

Et en juin 2015, les choses ne sont donc pas arrangées, comme le précise Shell dans un autre communiqué : "A cause de ces événements, les conditions de mise en place du projet ont changé. Nous avons donc entamé des discussions avec le gouvernement ukrainien et notre partenaire Nadra Iouzivska à propos de l'accord de production partagée."  Un abandon du projet est plus que sérieusement envisagé.

Investissement majeur et indépendance énergétique

Si le retrait de Shell en Ukraine venait à se confirmer, ce serait un coup dur pour le pays, à plus d'un titre.

Du point de vue des investissements, l'Etat ukrainien planchait en 2013 sur une manne de non moins de 10 milliards de dollars. Avec comme portée bénéfique la création de nombreux emplois sur le long terme.

Concernant les ressources escomptées en gaz de schiste, elles sont conséquentes, puisque les opérations d'extraction auraient générées chaque année de 10 à 20 milliards de mètres cubes. De quoi largement satisfaire la demande intérieure est faire de l'Ukraine un exportateur en devenir.

Enfin, dernier avantage et non des moindres, l'activité permettrait de se départir de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Reste à savoir à présent quelle suite donnera Shell à sa présence dans le pays.

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