Actualités sur le gaz et de l'huile de schiste : prospection, exploitation, extraction par fracturation hydraulique...

Les industriels de l'eau en bouteille réticents au gaz de schiste

Gaz de schiste  fracturation hydraulique  Europe

L'ensemble des professionnels européens de l'économie l'eau en bouteille vient d'émettre une sérieuse crainte quant aux possibles effets néfastes de l'exploitation du gaz de schiste sur la qualité de leur production. Si la Commission Européenne avait déjà quelque peu encadré l'activité, la Fédération Européenne des Eaux Embouteillées demande un geste plus fort et s'inquiète des possibles retombées négatives en termes de qualité et d'image. L'occasion pour la filière du gaz de schiste de repenser son mode de fonctionnement ?    

L'EFBW, soit la Fédération Européenne des Eaux Embouteillées a ainsi fait état de sa profonde inquiétude courant juillet dernier au sujet des possibles effets néfastes que l'exploitation du gaz de schiste pourrait engendrer sur la qualité de l'eau minérale ou de l'eau de source produite. En cause principalement, la technique de la fracturation hydraulique qui soulève depuis quelques temps déjà des questionnements quant à son impact environnemental.

La technique est rappelons-le pointée du doigt en raison notamment du risque qu'elle fait peser en termes d'épanchement éventuel de produits chimiques toxiques dans les nappes phréatiques situées alentours.

Les professionnels européens du secteur se sont ainsi réunis peu avant l'été à Spa en Belgique afin de faire pression à la fois sur les producteurs de gaz de schiste et à la fois sur la Commission Européenne. Cette dernière avait pourtant déjà émis un certain nombre de règles de bonnes conduites pour la profession dès janvier 2014 en mettant notamment en avant la nécessité de respecter "une distance minimale" entre les puits d'exploitation du gaz de schiste et les eaux minérales souterraines. La Commission Européenne complétant cette première règle par le fait qu' «un site ne devrait être retenu que si (…) la fracturation hydraulique à grands volumes n’entraîne pas le rejet direct de polluants dans les eaux souterraines». Des règles jugées encore trop floues pour les professionnels des eaux en bouteilles. En retour, la Commission s'est pour sa part engagée à aller plus loin quant à l'encadrement législatif de l'exploitation du gaz de schiste.

Les industriels attendent plus et la filière doit se réorganiser

Face à ce manque de réactivité de la part de l'Europe, la EFBW ainsi que le syndicat européen EurEau exigent l'interdiction nette et immédiate de toute activité de fracturation hydraulique à proximité des sites de captage d'eaux souterraines. Car selon eux «toute contamination des ressources souterraines pourrait saper la confiance du public dans la qualité de l’eau. Ceci est particulièrement le cas pour les eaux minérales, auxquelles la loi impose la pureté, sans traitement chimique».

C'est donc toute l'industrie du gaz de schiste en Europe qui se doit de réagir en montrant patte blanche et en faisant acte d'innovation. Dans un premier temps, il conviendra certainement de travailler à une meilleure étanchéité des puits de forage tout en veillant à encadrer technique la fracturation hydraulique pour ne pas faire peser le risque d'une quelconque contamination. Mais une deuxième piste reste encore à creuser : celle de mettre au point une fois pour toute une alternative crédible et respectueuse de l'environnement à la fracturation hydraulique. De nombreux projets sont actuellement à l'étude partout dans le monde et cette levée de boucliers d'un secteur de  taille de l'économie européenne devrait booster son développement.

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