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Gaz de schiste au Canada : Petrolia et Québec ferraillent sur Anticosti

Gaz de schiste  Canada

L'île d'Anticosti au Québec est devenue le symbole de la lutte qui oppose le groupe énergétique Pétrolia avec le gouvernement du Québec. Ce dernier entend revoir ses engagements en faveur des opérations d'exploration du gaz de schiste sur l'île tandis que la compagnie gazière ne l'entend pas de la même oreille.      

L'île d'Anticosti est située en plein cœur du golfe du Saint-Laurent, au large de la côte nord-est du Québec. Son potentiel en termes de gaz de schiste est jugé des plus prometteurs même si aucune quantité exacte n'a encore été révélée à ce jour. Et c'est bien pour quantifier précisément le stock de gaz de schiste que Pétrolia doit bénéficier d'un investissement de 57 millions de dollars de la part du gouvernement québécois. Des opérations d'exploration des sous-sols censées débuter en 2016 mais qui sembleraient être remises en question par l'actuel Premier Ministre Philippe Couillard. L'homme politique a en effet récemment déclaré qu'il été finalement fermement opposé à la fracturation hydraulique et à l'exploitation des énergies fossiles sur l'île. Seulement Pétrolia (dont Québec est le principal actionnaire par ailleurs) entend bien faire respecter au gouvernement ses engagements. Le communiqué du groupe est à cet égard des plus clairs : « Contrairement à ce qui a été dit par le premier ministre, il n’y a rien dans les ententes qui donne au gouvernement du Québec le droit de se retirer ou de se soustraire à ses obligations. Ces contrats ont été signés de bonne foi avec le gouvernement du Québec et homologués par décret du Conseil des ministres » et de continuer par le fait qu'il est « nécessaire de rappeler que ces ententes existent, qu’elles s’appliquent et qu’elles ne sauraient être occultées ou, pire encore, sabotées ».

La fracturation hydraulique au centre des débats

Au delà de l'exploitation d'énergies fossiles, ce qui cristallise véritablement les débats et la sempiternelle question de la fracturation hydraulique, ce qu'admet par ailleurs à demi-mot le premier ministre du Québec. Car pour lui, la solution idéale serait de procéder aux opérations d'exploration sans avoir recours au fracking mais par d'anciennes méthode dont l'impact sur l'environnement serait presque nul : « On est pris avec un contrat où il y a des forages qui doivent être terminés, mais sans fracturation hydraulique. La ligne qu’on a faite dans le sable, c’est : écoutez, faites votre forage normal, avec des carottes sans injection dans le sous-sol. Mais avant de passer à la deuxième phase, un instant, on va faire des vérifications. ». En clair, Philippe Couillard souhaiterait des forages sans fracking et des études environnementales intermédiaires. Pour autant, Pétrolia rappelle de son côté que le contrat est nettement plus clair que les intentions assez floues de Couillard :  trois forages avec fracturation hydraulique doivent ainsi être réalisés au cours de 2016, suite aux résultats d'une première série de 12 forages effectués cette fois entre 2014 et 2015. Et pour Pétrolia, Anticosti s'avère déjà prometteur en termes de réserves, les futurs forages programmés ne servant qu'à "confirmer le potentiel commercial".

Avec une demande mondiale en gaz naturel appelée à croître à un rythme soutenu au cours des prochaines années, la question du remplacement ou de l'amélioration de la fracturation hydraulique se pose de plus en plus. Elle reste le point majeur de désaccord entre pros et anti gaz de schiste. Le débat actuel au Québec l'illustre une fois de plus.

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