Actualités sur le gaz et de l'huile de schiste : prospection, exploitation, extraction par fracturation hydraulique...

Allemagne, Chine, Russie, trois visions différentes sur le gaz de schiste

Gaz de schiste

Entre interdiction totale en Allemagne, accélération en Chine et attente en Russie, le gaz de schiste s'illustre à travers trois exemples distincts les uns des autres pour refléter fidèlement le visage multiple de cette énergie controversée.    

La question de l'exploitation du gaz de schiste continue de soulever bien des inquiétudes et des interrogations à travers le monde. Entre moratoire sur la question de l'utilisation de la fracturation hydraulique au Québec et refonte du code minier en France pour en interdire tout bonnement son usage, pas un jour ne passe sans que le gaz de schiste déchaîne les passions. Car il faut bien reconnaître que l'industrie toute entière n'a pas encore trouvé de techniques alternatives au fracking qui serait aussi performante mais limiterait l'emploi d'eau et l'injection de produits chimiques dans les nappes phréatiques.

C'est sur ce point que viennent de se prononcer les länders en Allemagne. Tous ont en effet voté l'interdiction pure et simple de l'usage de la fracturation hydraulique, rendant de facto caduque un éventuel démarrage de l'activité d'extraction dans le pays. Petit bémol toutefois pour quatre forages qui restent encore à l'essai à des fins scientifiques. La loi votée le 11 février en Allemagne "permet aux compagnies énergétiques de ne pas abandonner totalement l'exploration géologique afin d'évaluer plus exactement les réserves réelles de gaz de schiste dans les sous-sols du pays" selon un reportage diffusée sur la radio Deutsche Welle. L'Allemagne semble ainsi se réserver la possibilité de lancer l'activité si le potentiel gazier du pays est conséquent et pour autant que le fracking soit remplacé par une technique aussi efficiente.

La Chine et la Russie

En Chine en revanche, l'attitude vis-à-vis du gaz de schiste est diamétralement opposée. La question de la fracturation hydraulique et de ses possibles conséquences néfastes sur l'environnement n'est pas un enjeu de société comme cela peut être le cas en Europe. Et le gouvernement entend ainsi mettre les bouchées doubles au niveau de la production annuelle et même la décupler pour atteindre un volume de 30 milliards de mètres cubes extrait d'ici 2020. A titre de comparaison, le pays en a produit 4,5 milliards en 2015 soit deux à trois fois plus déjà qu'au cours des années précédentes. La Chine compte ainsi bel et bien sur le gaz de schiste pour stimuler son économie et soutenir son industrie dans les années à venir.

Du côté de la Russie en revanche, l'heure est à l'expectative. Les entreprises gazières russes préfèrent ne pas se lancer dans l'aventure car les quantités de gaz naturel conventionnel sont telles à l'heure actuelle qu'il leur sera bien difficile d'écouler des stocks complémentaires à des niveau de rentabilité acceptable. Une position défendue par le conseil d'administration de Gazprom dans un communiqué publié dernièrement : « Les travaux dans la production de gaz de schiste sur le territoire russe sont inopportuns dans un avenir prévisible à cause des réserves élevées des gisements gaziers traditionnels. A moyen et long terme, le développement de la production de gaz de schiste en dehors de l'Amérique du Nord se limitera à quelques pays, sachant que les États-Unis en resteront le plus grand producteur ».

Réactions et commentaires
Aucun commentaire pour le moment, soyez le premier !
Déposer un commentaire

Réseaux sociaux

LeGazDeSchiste.fr